Black Power

Il y a un mois décédait Lee Elder, ex-joueur professionnel, mais surtout premier Afro-Américain à avoir joué le Master’s. Cela se passa en 1975 et créa un petit raz-de-marée dans le monde du golf, celui-ci étant, à l’époque, trusté par la communauté WASP. Elder devint “pro” à l’âge de 34 ans et remporta plusieurs tournois prestigieux tout au long de sa carrière. Aujourd’hui, ces informations font sourire. “ Passer pro à 34 ans ?! A quoi bon ?” Ce qui semble dénué de sens de nos jours ( à 34 ans une carrière se termine, elle ne commence pas…) en avait pourtant à l’époque. Car c’est à force de persévérance et de courage que ce joueur est parvenu à entrouvrir une porte jusque-là scellée par les golfeurs américains à toute sorte de minorité ethnique.

Le décès de Lee Elder méritait un Edito. En tout cas, j’avais envie de l’écrire. Mais une petite voix en moi me disait d’attendre. Et bien m’en prit. Car deux autres joueurs ont fait, depuis, la Une des médias spécialisés.

Le premier fut Tiger Woods, évidemment. Son positionnement quant aux suites de sa carrière – consécutif à son accident de voiture du début d’année – a rendu encore plus vive l’idée que ce joueur est probablement le plus grand joueur de tous les temps. Et force est alors de le comparer à celui qui, au sein de sa permanence, fut également sans rival dans sa spécialité : Jesse Owens. Vous le connaissez forcément. Il s’agit de cet autre Afro-Américain qui ridiculisa Hitler et sa prétendue “suprématie blanche” lors des jeux Olympiques de Berlin en 1936. Cette case méritait d’être cochée également au golf. Tiger l’a fait.

Enfin, le nom du troisième acteur de cette escouade humaniste nous a été livré cette semaine. Il s’agit de Fred Perpall et je suis certain que vous le connaissez moins encore que Lee Elder. Cet homme est tout simplement le prochain président de l’USGA et le premier Afro-Américain élu à ce poste. Le prochain patron du golf américain, voire mondial. Et cette fois c’est à un autre président qu’il nous fait penser. À Barack Obama, évidemment.

Alors, tandis qu’une nouvelle année se profile, nous ne pouvons qu’espérer que ce trio idéal parviendra à abolir définitivement les barrières ethniques qui font encore rage au sein du jeu de golf.

Nous pourrons alors nous pencher sur l’une des dernières questions qui empêchent le golf d’accéder à la catégorie des sports populaires, à l’instar du basket ou du football : l’ouverture du jeu à l’ensemble des classes sociales. 

Mais les deux sont peut-être liés, à bien y penser…

FdeC.

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