Bryson DeChambeau – le passage en caisse…

Non, ceci n’est pas un éditorial annonçant que Bryson DeChambeau (BDC) a finalement dit oui à la Super Golf League saoudienne et a encaissé ses 135 millions de dollars. Pas du tout. Il s’agirait plutôt de savoir s’il serait en mesure de le faire, à un moment de sa carrière où beaucoup s’interrogent sur la succession de blessures et de forfaits qu’il a enchaînés ces dernières semaines sur le PGA Tour.

Car BDC est un homme qui souffre. Au sens littéral du terme. A l’instar de Tiger Woods ou de Brooks Koepka, le frappeur américain a misé sur un surdéveloppement musculaire pour augmenter sa puissance et il y est parvenu. Mais aujourd’hui il en paye le prix. Les douleurs apparaissent et les blessures se succèdent, l’empêchant de tenir ses engagements de participation aux tournois ou de coller à son plan de carrière. Face à cette cascade de no-show, le public américain n’a pas mis longtemps à crier « au loup » et à soupçonner le champion d’avoir eu recours à des produits dopants qui seraient la cause véritable de sa dégradation physique. DCB a alors mis en scène le déballage public de ses analyses afin de prouver au monde qu’il y avait autant de substances illicites dans son organisme que de gin dans le pis d’une vache. Car Bryson n’a eu besoin d’aucun subterfuge pour se faire mal. Il l’a fait tout seul, comme un grand, à coups de squats et de barres de charge, le tout servi par une énergie hors-norme. Et ça, ça fait de la peine.

Pour lui, tout d’abord, mais aussi pour tous les jeunes joueurs dont il a été l’exemple. Saviez-vous que c’est la dimension physique de Woods qui a guidé Koepka jusqu’au golf professionnel et ses multiples blessures ?

Car si le golf marie théoriquement puissance et précision de façon égale, la première a pris le pas sur la seconde car elle est la plus simple et la plus symbolique.

Dans ce sens, la politique de limitation des distances parcourues au drive proposée par le législateur apparaît comme salvatrice. Mais pourquoi est-elle si lente à se mettre en place ? Réalise-t-on qu’elle va permettre de diaboliser la violence musculaire et protéger le bien-être et la santé de milliers de jeunes joueurs ? Car dans l’attente d’un changement compliqué des règles d’homologation de nouveaux clubs ou de nouvelles balles afin de régler cette question, il suffirait simplement de conserver tout en l’état et de rétrécir intelligemment la longueur et la largeur des parcours actuels.

Avez-vous envie de parcourir 200 mètres au driver si un obstacle d’eau barre le fairway à 180 mètres ? Certainement pas !

Renoncerez-vous à essayer de frapper votre driver plus fort que votre adversaire devant un fairway sans fin, même si on vous oblige à conserver le headcover sur le club pour frapper ? Certainement pas, non plus !

Alors prenons une décision et prenons-la vite car il s’agit de la santé articulaire, tendineuse, musculaire, et osseuse, de nos jeunes dont il s’agit.

Et de ça, Tiger, Brooks et Bryson pourraient vous en parler des heures…

FdeC

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