CALENDRIER NATIONAL : un avenir à l’économie…

Lundi dernier, PGA France a fait parvenir un courrier à l’ensemble de ses membres afin de les informer de l’annulation du Championnat de France de Golf des Enseignants en Alliance, qui devait se dérouler du 27 au 30 Août sur les parcours de Vineuil, Apremont et Roissy.

C’est une nouvelle attristante à plus d’un titre. 

Tout d’abord parce qu’elle pénalise une catégorie de joueurs qui ne le méritent pas : ceux qui aiment suffisamment le jeu pour y consacrer leur vie mais qui ont décidé de mettre cette vocation au service des autres : les pros de clubs.

Ensuite car il s’agit d’une épreuve qui compte dans la vie d’un enseignant car elle lui permet de se remettre dans les conditions de jeu qu’il a peut-être connues par le passé, et qu’elle est l’occasion annuelle de briller aux yeux de ses élèves en leur faisant partager sa motivation et sa préparation pour l’épreuve. Une façon bien légitime de rappeler qu’un enseignant est avant tout un joueur…

Mais on s’en doute : ce n’est pas par envie de supprimer toute part de plaisir dans le quotidien des enseignants que la PGA s’est résolue à cette annulation. 

D’autres facteurs en sont beaucoup plus responsables.

En premier lieu, bien évidemment, se trouve la multiplication des épreuves et la recrudescence des agences d’événementiel (spécialisées ou pas) qui les organisent. Les temps sont durs et le golfeur est une Business Target au même titre que n’importe quelle niche dans n’importe quelle discipline.

Les organisateurs, souvent peu scrupuleux, placent leurs événements comme et quand ça les arrange, sans tenir compte du calendrier des épreuves légitimes et statutaires. 

Par ailleurs, ces agences sont formées à l ‘exploitation des réseaux sociaux pour vendre leurs séjours et elles ne s’en privent pas. Ainsi, lorsque les dates d’inscription approchent, il est fréquent de voir la percussion des dates appauvrir la participation aux deux épreuves, tant au niveau des pros que des amateurs. 

Mais si on y réfléchit bien, on réalise que ce qui manque le plus au golf français, ce ne sont pas les bonnes dates pour mener à bien un calendrier intelligemment pensé. Non, ce qui manque cruellement, c’est l’argent. Ou, pour le moins, l’implication financière des sociétés françaises pour soutenir le développement du golf dans notre pays. Car cet embouteillage des “petites épreuves”, qui découle directement de la vision mercantile de certains, n’existerait pas si les sponsors nationaux avaient mis – dans le cas présent – suffisamment d’argent dans le breakdown de l’épreuve. 

Cette annulation ne se serait pas produite si les gains potentiels d’une épreuve comme le Championnat de France avaient été nettement supérieurs à ceux de n’importe quelle pro-am départemental, déguisé sous une appellation régionale voire nationale.

Mais si certaines sociétés tricolores clament leur passion pour le golf, elles sont beaucoup plus enclines à sponsoriser une opération privée ayant pour but d’accroître leur prestige plutôt que de participer à une compétition professionnelle ayant pour but de pérenniser la pratique du golf ou de consolider un classement national. 

C’est précisément sur ce point que les mentalités doivent changer. 

Les compagnies doivent comprendre qu’elles font le Golf, qu’ elles le bâtissent, et que les résultats de demain ne seront que les fruits des investissements d’aujourd’hui.

Comment comparer le pro-am des Bêtises de Cambrai et le championnat de France des enseignants ? Mystère. 

Un vent de réalisme finira-t-il par souffler sur les braises du golf français pour nous faire entrer dans le club des nations qui comptent?

Une chose est certaine en tout cas : si les sociétés françaises ne s’impliquent pas davantage dans l’essor du golf national, nous resterons confinés dans notre position de spectateur et continuerons de subir plutôt qu’enfin commencer à agir. 

FdeC.

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