Est-ce volontaire? Personne ne le sait et ne le saura probablement jamais. Toujours est-il qu’en lançant la mode du fitting pour tout le monde, les fabricants de clubs ont porté un coup fatal au marché déjà moribond qu’était celui du club d’occasion en France et dans le monde. La raison en est simple: voulez-vous jouer les clubs d’un inconnu qui mesure deux mètres et frappe le drive à 300 yards, vous qui ne mesurez qu’un mètre soixante-quinze, êtes doté de mains de bébé, et avez du mal à dépasser les 180 mètres, roulement de la balle compris? “Mes clubs ont été modifiés par le meilleur club-maker du pays !”, vous dira le colosse… et justement, c’est là que la bât blesse. Car de ce fait, ses clubs ne sont jouables que par un tiers possédant ses caractéristiques morphologiques et dynamiques. 

C’est à dire à peu près personne.

Les fabricants ont-ils voulu créer un nouveau marché (et forcer un renouvellement des séries pour le confort promis par le custom-fit), en vantant les mérites du sur-mesure, ou ont-ils anticipé les répercussions de cette mesure sur le marché secondaire?

Car ce que l’on sait moins, c’est qu’une série sur deux qui change de propriétaire dans le monde est issue de ce marché. Tuer le marché de l’occasion en personnalisant terriblement les séries neuves est donc une mesure qui pourrait à terme doubler le chiffre d’affaire des constructeurs, si les joueurs ont les moyens de “passer au neuf”, ou diviser par deux celui des pratiquants, si ce n’est pas le cas. 

Si une quelconque mesure démocratique se cache là-dedans, le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle est bien cachée… 

FdeC.

One Comment

  1. Marc

    En fait, si je comprends bien, le fitting n’a de sens que s’il permet d’ajuster le club au physique du joueur et non de masquer les défauts de son swing : par exemple longueur du shaft, épaisseur du grip, ajustement du lie…

    Mais, pour en avoir fait les frais alors que je n’avais que 18 mois de golf et aucune connaissance du matériel, j’ai pu constater :
    1- Que le meilleur fitter peut partir sur des mesures théoriques (par exemple sur le swing weight idéal) et que celles-ci sont peut-être totalement erronées pour le joueur. Ce fut mon cas avec tous les bois.
    2- Que le fitter pense le jeu de son client en fonction de ses préférences et va donc conseiller un bois 5 plutôt qu’un hybride 3 par exemple alors que le joueur aurait peut-être eu intérêt à choisir l’option inverse.
    3- Qu’un fitter ne peut faire tester qu’un nombre limité de têtes car il ne dispose pas de toutes les marques. Si le meilleur choix pour vous est le Mavrik max mais que le fitter n’a pas Callaway en stock, vous ferez votre fitting avec des Sim Max ou des G410.
    4- Qu’un fitter aura du mal à proposer les bons wedges s’il ne dispose pas d’un centre d’essai en extérieur (rough, bunker, approches) afin de connaître vos habitudes de jeu dans ces situations. C’est ainsi que j’ai dans mon sac 4 wedges (P, G, S, L), tous en D1… dont seul le PW est adapté à mon jeu !
    Ma conclusion :
    Bannir les clubs qui sont ajustés pour compenser un défaut de swing car ils bloquent toute évolution du jeu. C’est un peu comme garder ses petites roues sur son vélo pour être sûr de ne pas tomber…
    Préférer quelques cours avec Franck ! (j’ai testé, c’est le jour et la nuit. Ou plutôt le nuit et le jour).
    2- Ne pas penser que le fitter détiens la vérité. Il a comme tout humain un point de vue sur le matériel ce qui implique une certaine dose de subjectivité. Il vous faudra choisir entre confiance totale et confiance aveugle…
    3- Si le fitter n’est pas prof de golf ou ancien pro, il aura nécessairement plus de mal à discerner quel problème (révélé par les data) vient du joueur et quel problème vient du matériel.

Répondre

Votre adresse email ne sera pas publiée.Les champs marqués d'un * sont obligatoires.

Vous pouvez utiliser ces HTML tags et attributs : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>