Le golf a connu en France diverses vagues de développement depuis les années 80 qui ont permis un accroissement du nombre de licenciés, portant ce nombre de 40 000 à 400 000 pratiquants. Depuis 2010, la quantité de joueurs est constante, la courbe de développement affiche une platitude alarmante, et les différentes opérations orchestrées par la FFG ne parviennent pas à la faire redécoller. Les raisons de cette stagnation sont pourtant clairement identifiées. Tout d’abord le pays est arrivé à un taux d’équipement “mature”, puis viennent les spécificités de la pratique du golf, à savoir: son aspect chronophage et enfin du coût du matériel de jeu.

Au jour où nous écrivons ces lignes, les chiffres de la FFG pour 2018 ne nous sont pas encore parvenus et nous ne connaissons pas les retombées issues de la Ryder Cup organisée sur notre territoire en septembre dernier, mais nous ne ressentons pas, au niveau des clubs, cette effervescence qui accompagne généralement l’arrivée massive de nouveaux pratiquants.

Alors y-a-t’il un (ou des) responsable(s) à cet état de fait?

Dans la réalité oui et ils sont nombreux.

Car on n’incite pas à la pratique du golf en se contentant de miser sur ses valeurs sportives intrinsèques, qui -soit dit en passant- sont communes à l’ensemble des sports pratiqués en France et dans le monde.

Car développer la pratique du golf chez les jeunes est indispensable mais ne suffit pas et qu’on a tort de négliger ceux qui le pratiquent le plus; les seniors.

Car on ne peut pas se vanter des valeurs populaires du golf et continuer de fabriquer des structures où seuls les CSP+ ont les moyens de payer l’action, ou pire encore, le droit d’entrée à fonds perdus.

Car on ne peut pas continuer de vendre du matériel de plus en plus coûteux sans penser à ceux qui n’ont pas la capacité de dépenser 1 000 euros à la caisse du proshop et se dire qu’ils n’ont qu’à trouver un autre sport.

Car on ne peut pas éradiquer le métier de cadet dans l’unique objectif de louer des voiturettes qui sont une véritable source de profits pour les clubs et de débours obligatoire pour les joueurs.

Car on ne peut continuer à vendre un seau de 24 balles de practice 2 euros.

Mis bout à bout, ces différents postes alourdissent terriblement la facture du pratiquant. Et nous sommes alors obligés de parvenir à un constat peu glorieux:

les acteurs du monde du golf, que ce soient les clubs, les vendeurs de matériel, ou les instances dirigeantes se sont contentées depuis quarante ans de prendre l’argent là où il était et n’ont absolument rien fait pour que change leur gamme de clientèle. Ils n’ont rien produit de novateur, ou de véritablement démocratique, et se sont contentés de rester bien au chaud en tondant joyeusement leur pré carré.

A ceux-là, AVISGOLF propose une vive réaction dans le sens d’un changement profond. Car comme tout le monde le sait, la nature a horreur du vide.

Que dire, dès lors, lorsque montent les plaintes liées au marasme d’un marché au point mort? Plus de volume et plus de pratiquants? Oui, bien sûr mais peut-être fallait-il y penser plus tôt. Et finalement, de nouveaux golfeurs, oui, mais lesquels?…

A ceux qui pensent que la démocratisation du golf entraîne une pratique moins respectueuse des règles du jeu et en particulier de celles de l’étiquette, il est bon de rappeler qu’avec 2 500 000 golfeurs, le Royaume-Uni nous a prouvé depuis près de quatre siècles qu’il s’agit là d’une contre-vérité.

 

 

FdeC.

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