Il y en a un peu plus, je vous le grippe quand même ?

S’il est une chose que le golf nous apprend, c’est qu’il existe souvent un monde – un univers même – entre ce que l’on ressent, dans la pratique du jeu, et ce que l’on fait.

Cela est vrai concernant la visée du joueur (“je pense être orienté vers la cible alors que, dans les faits, je vise à droite de cette dernière”), tout comme cela est vrai pour la gestuelle (“je pense tourner mes épaules au backswing alors que, dans la réalité, je lève mes bras”).

En résumé, ce sport nous fait naviguer en permanence entre deux mondes qui sont régis par notre instinct, pour l’un, et par nos sensations, pour l’autre, nous condamnant à une imperfection inévitable puisque notre ressenti n’est qu’une interprétation personnelle de la réalité qui nous entoure. De ce fait, une question se pose: et si ce décalage entre le réel et le ressenti concernait aussi notre appréhension du matériel de jeu ? Si nous nous trompions également sur l’idée que nous avons de nos clubs, notamment sur ce qu’ils ont de plus quantifiable: leur masse ? Dans cette hypothèse, il semblerait indispensable de dénicher l’endroit où ce fameux décalage se trouve car l’erreur serait énorme et aurait surtout des conséquences immédiates sur la façon d’approcher l’idée du swing. Car si la fonction crée l’organe, l’inverse est tout aussi vrai au golf.

Prenons l’exemple du club-roi : le driver. N’avez-vous jamais essayé le driver d’un partenaire pour vous dire, après l’avoir tapé, qu’il était beaucoup trop lourd pour vous ou, au contraire, beaucoup trop léger ? Bien sûr que si. A l’autre bout de la gamme des cannes, ne vous êtes-vous fait la même remarque concernant un sand-wedge ou autre club d’approche? La encore, votre réponse est oui, sans aucun doute possible. 

Maintenant, les faits: tous les drivers du monde ont une tête dont le poids est fixé, par les fabricants eux-mêmes, à 200 grammes. Cette fois, ni le Royal & Ancient de St Andrews, ni l’USPGA n’ont leur mot à dire, ni quelque règle que ce soit à opposer. 

Mais comment cela est-il possible vous entends-je vous exclamer!? Simplement parce que 200 grammes est le poids idéal d’une masse à laquelle on veut donner de la vitesse lorsqu’on pèse ce que pèse un humain, dès lors que le bras de levier pour la propulser (le shaft) mesure 45 pouces. Partant de là, comment une masse identique peut-elle procurer des sensations si différentes? A priori, en jouant sur le poids des autres éléments qui entrent en ligne de compte pour la réalisation de la canne, c’est-à-dire le grip et le shaft. 

  1. Alors faisons le tour de la question. Le poids d’un grip standard est généralement compris entre 50 et 60 grammes. La variable de poids est donc de dix grammes. Du côté des shafts, pour une raideur équivalente (R), une tête de driver s’équipe d’un manche dont le poids peut aller de 40 à 70 grammes, offrant donc un écart ne dépassant pas 30 grammes. En tout, nous jouons donc sur une variable de poids de 40 grammes, dans laquelle seraient supposées se regrouper tout notre faisceau de sensations, qui vont d’un club extrêmement léger à un club extrêmement lourd. Bien sûr, cela semble irréel, mais cela est pourtant vrai. 

Bien sûr, cette conclusion indique que l’emplacement des points de flexion du shaft a une importance colossale sur nos sensations. Car dans la réalité, on ne peut imaginer que 40 grammes suffisent à nous donner un ressenti si différent, d’un club à l ‘autre. Mais pour ceux qui aiment les chiffres et la logique, une idée peut aider à enlever tout le stress que l’on accumule en imaginant que son driver est trop lourd (ou trop léger) : enlever son trousseau de clefs de sa poche avant de jouer afin de profiter d’un moment d’inertie du corps toujours égal…

FdeC.

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