JON RAHM : le calme du Parrain.

La saison 2022 débute dans un vacarme assourdissant. Les grandes vagues de fond déferlent les unes après les autres, remettant en cause la forme ou le fond du golf de demain (LIV, Premier Golf League, Golf Super League, …), créant des secousses sismiques dans un monde où l’argent et les médias sont devenus les 157 èmes et 158 èmes joueurs du champs. 

Dans ces grandes tempêtes, les joueurs se déchirent – c’est dans leur tempérament -, chacun tentant de démontrer que son point de vue est le meilleur, tout comme sur le terrain… Et les esprits se déchaînent, les mots – qui ne sont pas toujours leur spécialité – dépassent les pensées.    

Phil Mickelson part en guerre contre le PGA Tour et son patron, Jay Monahan, sans que l’on sache vraiment si c’est pour rejoindre un circuit mieux doté (LIV?), pour exprimer une jalousie qu’il nourrit depuis trente ans envers Tiger Woods (celui-ci lui ayant dernièrement raflé sous le nez les 8 millions de dollars du Players Impact Program offerts par le PGA Tour), ou par pur caprice de son égo démesuré. De son côté, Bryson DeChambeau, oscille à la limite du burn-out pour manque de résultats, tandis que les meilleurs joueurs Américains et Européens courent en tous sens, comme des poules effrayées, en se demandant qui survivra à l’hallali de la Ryder Cup, une fois les bannissements du PGA Tour prononcés envers les joueurs transfuges. A ce tableau, qui dépeint l’état d’esprit fébrile, voire hystérique, qui règne actuellement sur le Tour, s’ajoute une ombre planante, qui viendra à coups sûr se poser sur le théâtre des opérations vers le milieu de saison : la modification des règles concernant les trop grandes distances parcourues par les joueurs avec le driver. Sur ce coups-là, encore, Mickelson sera aux avant-postes … 

Ne sachant plus, l’espace de 2 secondes, sur quoi porter leurs sombres réflexions, les acteurs du Tour sont revenus à ce qu’ils maîtrisent le mieux : le jeu. Et là -Oh surprise !- les chiffres leur ont encore donné du grain à moudre. Mieux : ils leur ont permis de fabriquer une histoire. Car le numéro 1 mondial actuel, le basque Jon Rahm, pourrait bien perdre sa couronne ce dimanche, lors du Player’s. Quatre challengers l’ont coincé dans leur ligne de mire et ne semblent pas près de le sortir de leur collimateur. Morikawa, Hovland, Cantlay et Scheffler sont ces prétendants. Et ils croient dur comme fer que leurs chances dépassent le stade des probabilités actuelles qui disent que “si Rahm, termine au-delà de la 10ème place tandis que Scheffler gagne et que Morikawa fait pire que second ex-aequo …”, l’Espagnol perdra son titre. Et pour eux, son quasi air-shot de la semaine passée, au putting, lors du Palmer Invitational ouvre la porte sur bien des espoirs. Tout comme son retour à l’utilisation de son ancien putter qui lui avait permis de remporter l’US Open, l’an dernier. Tout cela devrait suffire à lancer des débats, à enflammer les club-houses aux quatre coins de la planète, non ? Et bien justement non.

Car pendant que le monde des joueurs s’agite, Jon Rahm ne dit pas grand’chose : il garde son inertie. 

Son incroyable putt manqué de la semaine dernière ? Une absence. Son recours à son putter fétiche ? Une évidence à la suite d’ une période de test. Son risque de perdre son titre lors du Player’s de ce week-end ? Une question de probabilités qui se pose régulièrement sur le Tour. Sans aucun doute, Rahm a le bon ton dans cette période un peu folle. Il n’exclut pas le changement, il temporise, relativise, et rassure par son calme. Il reste concentré sur son cœur de métier : jouer au golf le mieux possible, ce qui est d’ailleurs ce que nous essayons tous de faire.

Pour peu, du coup, on le verrait bien en parrain de l’affaire. 

D’autres joueurs, tels que McIlroy ou Dustin Johnson, qui ont également une attitude exemplaire en ces temps troublés, en seraient les Capos.

Et nous dormirions tous bien.

FdeC.

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