LE SWING DE FRANCESCO MOLINARI

Francesco Molinari, c’est ce joueur européen dont on entend parler (ainsi que son grand frère Edoardo) depuis quelques années. C’est ce type super sympa qu’on voit tout le temps sourire, sans se douter que cette conformation des zygomatiques traduit également chez lui l’expression d’une très grande tension. Car c’est un fait, Francesco sourit. Lorsqu’il gagne The Open en 2018 à Carnoustie, il sourit. Lorsqu’il gagne quatre de ses cinq matchs lors de la Ryder Cup de 2018 et remporte son simple contre Michelson, il sourit. Quand il termine second de l’USPGA en 2017, il sourit toujours. Lorsqu’il rafle la cinquième place au Master’s 2019, il sourit encore. 

Meilleur joueur de l’Europe continentale à ce jour, Francesco n’est pas là pour rien. Car pour arriver là où il est il faut un mental en acier et un swing tout aussi solide. C’est ce que nous allons vérifier dans cette autopswing !

ADRESSE

Classicisme absolu dans sa position au driver. La balle est parfaitement placée, face à l’intérieur du pied gauche, son menton est haut pour permettre la rotation des épaules à venir (notez que lorsque le joueur est à l’adresse et qu’il porte une casquette, sa bouche doit rester visible!), le poids du corps semble réparti sur les deux pieds, l’axe bras gauche / club est respecté et son grip est parfaitement neutre. Seul bémol, sa tête de club ne repose pas à plat et semble légèrement fermée et orientée à gauche.

TAKE AWAY

Comme chez tous les bons joueurs, le club, lorsqu’il parvient à l’horizontale est parfaitement parallèle à la ligne de vol et les mains se sont ouvertes en coordination avec la rotation des hanches. Un “zéro faute” jusque-là, sauf à ce que cette fermeture du club à l’adresse (voir image précédente) ne se transforme en un “pivot inversé” qui l’empêche de se placer derrière la balle au sommet du backswing.

MI-BACKSWING

Les bras de Francesco sont maintenant parvenus à “3 heures”. L’action des poignets est toujours minimalistes puisque l’angle formé entre les avant-bras et le club n’est pas parvenu à placer le manche à 90° par rapport à ces derniers. Petite faute vite compensée: l’axe du dos s’oriente cette fois vers la droite du joueur, chassant ainsi les craintes de le voir s’inscrire dans une “bascule” du haut du corps. Bien que le pivot ne soit pas parvenu à son terme, le menton reste haut pour libérer l’espace pour l’épaule

SOMMET DU BACKSWING ET RELANCE

Le pivot est complet cette fois et le poids du corps a été parfaitement maintenu à l’intérieur du stance. Francesco joue avec un backswing “court” dans lequel le club ne parvient pas à l’horizontale au sommet, ce qui est le signe d’un grand contrôle des bras et des poignets. Sa montée est taillée pour la régularité, ce qui est relativement rare chez les joueurs de son gabarit (1.72m). La flexion de sa jambe gauche, supérieure à celle de sa jambe droite, est le signe d’une rotation des hanches aboutie. Sa stabilité est impressionnante.

DOWNSWING

Nous voyons là ce qui est selon moi l’une des deux images-clés du swing de Molinari. La descente est enclenchée mais la distance entre les mains et le corps reste importante. La tête du club est toujours parfaitement orientée mais l’angle formé entre les avant-bras et le manche du club n’a pas changé! Cela signifie que Francesco ne cherche pas du tout à augmenter le retard du club pour augmenter ensuite son “release”. En d’autres termes, pour ce qui est de la puissance, cela nous prouve que l’italien joue beaucoup plus sur l’amplitude pour créer de la vitesse que sur une remise en ligne rapide des angles (retard/release). Typiquement, ce genre de schéma donne l’idée d’un swing large, facile et simple à reproduire.

IMPACT

Voici venu le moment de vérité… Notez pour commencer que notre souci de l’adresse concernant la tête du driver, qui semblait fermée, n’est plus qu’un mauvais souvenir. La face du club est cette fois parfaitement square. La position en C inversé montre que le poids du joueur est resté parfaitement derrière la balle et nous retrouvons l’axe bras gauche/club toujours en ligne, générant ainsi un maximum de puissance. Comparez ce placement à celui de l’adresse: il y a beaucoup de points communs entre les deux. Nous avons affaire à un swing très classique….

TRAVERSEE

Voici la deuxième image forte qui décrit le concept de la puissance selon Molinari. Un rapide tour d’horizon nous permet de vérifier que le transfert de poids s’est parfaitement effectué, que les bras sont bien en face du buste et que celui-ci est bien coordonné à l’action des hanches et que les mains sont bien face à face lors de la traversée. Mais le plus important n’est pas là. Ce qui est le plus impressionnant et le plus caractéristique chez ce joueur, c’est l’amplitude qu’il dégage lors de la sortie de swing. Le club est toujours parfaitement en ligne avec les bras et ne forme aucun angle avec celui-ci. Au vu du take-away, j’aurais tendance à dire que Francesco utilise son côté droit plus que le gauche pour parvenir à cette posture exemplaire qui est l’apanage des joueurs qui ont parfaitement intégré les principes mécaniques de la vitesse. Cette image explique la régularité de ce joueur qui, grâce à l’amplitude, ne se fait pas au détriment de sa puissance. Pour information, la vue de face du même swing montre que le club est idéalement pointé vers l’objectif.

FINISH

Rien à redire de ce finish puissant et équilibré à la fois. Francesco est totalement à l’aise sur son pied gauche, face à l’objectif, et son axe de dos est bien droit afin de soulager les tensions inutiles.

Un finish dont vous pouvez vous inspirer… comme de tout le reste de son swing d’ailleurs.

Forza Italia!

 

FdeC.