LE SWING DE MICHELLE WIE

Il parait qu’elle nous lâche. C’est elle qui le dit en tous cas. Du haut de ses 29 ans, cette joueuse américaine, née à Honolulu, souffre de douleurs multiples aux épaules, aux bras et aux poignets et ne participe plus qu’à de rares occasions aux tournois de la LPGA.

Après une carrière amateur particulièrement prometteuse, elle passe pro en 2005, confortablement assise sur des contrats de sponsoring lui assurant plus de 10 M$ annuels de revenus, soit plus que la numéro 1 mondiale de l’époque: Annika Sorenstam.

Victorieuse à 5 reprises sur le circuit LPGA, Michelle a remporté un seul tournoi Majeur: lors de sa carrière : l’US Open de 2014. Ce manque de résultats serait-il lié à des faiblesses dans le swing? C’est ce que nous vous proposons d’analyser dans cette autopsie de son swing

ADRESSE

Perfection absolue dans cette vue de face. Grip parfait, axe “bras gauche-club” respecté, plan des épaules conforme au positionnement de la main droite sous la main gauche et incitant à une frappe remontante (le club joué est ici un driver). De ce fait, l’axe du buste est légèrement déporté vers la droite, plaçant le poids du corps de façon idéale, c’est à dire légèrement en appui à droite à l’adresse pour le driver afin de donner à la balle un maximum de roulement.

La seule faute réside dans l’écartement des pieds qui est trop large et ne s’explique pas uniquement par sa grande taille (1,83m). Il s’agit d’un point crucial dans sa conception du swing car Michelle dit avoir besoin d’ancrage et de stabilité. Ce stance bloque évidemment la rotation de ses hanches à la montée mais elle en a besoin pour construire un swing qui ne soit pas trop “encombré” par ses segments surdimensionnés. Les plus exigeants regretteront également la légère ouverture du pied droit à l’adresse qui n’est pas forcément utile.

Vu de profil, l’image est encore plus impressionnante. Michelle garde un axe de dos parfaitement droit, jusqu’au sommet du crâne. L’axe des bras ainsi que celui des jambes marquent deux droites parfaitement parallèles et verticales tandis que le club, bien à plat, forme un angle avec les bras, rendant les poignets parfaitement mobiles.

BACKSWING

La combinaison de cette vue et de la suivante est explicite. Concernant l’action des mains, nous notons que le club est parfaitement en ligne avec le dos de la main gauche dans cette étape intermédiaire de la montée. Il n’y a eu ni ouverture, ni fermeture de la face du club lors du backswing. L’avancée du genou gauche montre que sa rotation des hanches – bien que faible cf Stance – à tout de même eu lieu et le plan des bras est absolument fidèle à celui des épaules.

Sur cette image dont l’esthétique est un peu gâchée par la largeur du stance, apparaît un élément fondamental dont tous les joueurs et joueuses doivent s’inspirer : la ligne du dos est inclinée vers la droite de la joueuse, c’est à dire complètement “derrière la balle”? dans le prolongement de la jambe gauche. Il s’agit là du premier secret de la puissance puisque toute l’énergie relancée vers l’impact se libérera vers la gauche, c’est à dire vers l’objectif.

SOMMET DU BACKSWING ET RELANCE

C’est une image à laquelle nous sommes habitués, désormais. La position de la joueuse est à nouveau limpide mais nous notons que le club, au sommet du backswing, se trouve dirigé vers la gauche de l’objectif et non pas vers celui-ci. Nous sommes là en plein dans la dernière méthode à la mode qui va permettre à la golfeuse de garder la tête du club dans la partie intérieure du plan tout en relançant ses mains vers le bas.

C’est chose faite et vous apprécierez le placement du shaft dans la parallèle de la ligne d’objectif, ce qui l’un des points essentiels recherché par tous les pros de la planète. La joueuse a retrouvé ses inclinaisons et angles de démarrage et va pouvoir libérer le coup.

Regardez l’extension de la joueuse sur sa jambe gauche, la fixation de sa tête et le travail des bras qui sont parfaitement coordonnés avec la rotation du buste, les mains n’ayant besoin dans ce cas, ni de rattrapper le corps ni de prendre de l’avance sur ce dernier.

FINISH

Peut-être que votre regard en fin de geste ne contient pas autant de détermination… Pour le reste n’hésitez pas : copiez tout !

Bon golf à vous.

FdeC.