L’EFFRAYANT POUVOIR DES BOOKMAKERS 2.0

L’Euro de football auquel la France vient de participer devrait nous servir d’exemple. Pas d’un point de vue sportif, non, car de ce côté-là notre coq national n’a pas encore les pattes au sec, mais d’un point de vue purement médiatique. 

A ce sujet, il est encore difficile de comprendre comment les supporters français n’ont pu suivre aucune des rencontres de poules de l’Euro 2020 sur une chaîne de télévision nationale. Pourtant l’explication en est simple : les droits télé des matchs de qualification ont été rachetés par une chaîne de paris sportifs en ligne et celle-ci a décidé de n’offrir leur diffusion qu’à ses propres abonnés. Une façon efficace de créer de nouveaux clients. Car la puissance financière des bookmakers 2.0 est colossale et son empreinte sur le monde du sport est sans égale.

“Il ne manquerait plus qu’ils achètent les clubs ou les joueurs, s’entend-on penser”. Bonne nouvelle (sic), c’est déjà fait! Depuis de nombreuses années, les paris sportifs sponsorisent les clubs et ont simplement passé la vitesse supérieure en achetant les droits des épreuves internationales.

Si vous pensez que le golf échappe à cette dérive, vous vous trompez. 

Sachez qu’à ce jour DJ est le favori du prochain “The Open” à 9 contre un, talonné par Rory McIlroy à 11 contre un et par Jon Rahm à 12 contre un. 

L’appétence des golfeurs pour le jeu d’argent est donc bien là et elle l’a toujours été présente. Ce n’est pas pour autant que le golf doive devenir le terrain de chasse favori des miseurs compulsifs, même s’il s’y prête parfaitement du fait de l’imprédictibilité des résultats et des cotes que cela entraîne.

La Premier Golf League, drivée par le gouvernement Saoudien, l’a bien compris et c’est pourquoi elle revient à la charge aux USA pour essayer de faire passer en force, à renforts de millions de dollars supplémentaires à l’attention des joueurs, sa vision d’un circuit mondial de golf totalement orienté sur le jeu d’argent, limité à 20 épreuves annuelles et aux 48 meilleurs joueurs du World Ranking uniquement.

Les Saoudiens sont déterminés et le site web spectaculaire de la Premier Golf League est là pour en témoigner. Seule la résistance des joueurs (qui ne sont pas prêts à abandonner le PGA Tour) fait office de rempart à cette révolution dont personne ne veut.

Car le jour où elle se produira (si elle se produit un jour!), les épreuves majeures du calendrier golfique ne seront plus visibles par tous, comme ce fut le cas lors de l’Euro de football, et nous aurons alors accompli un bond de plus de 40 ans… vers le passé. 

FdeC.

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