Limitations de vitesse : 30 en ville, 46 au golf !

Il aura fallu beaucoup de temps pour que les mesures envisagées afin de limiter la distance parcourue par les golfeurs au drive prennent corps. Il s’agit pourtant d’une évolution essentielle pour l’avenir de notre sport, tant d’un point de vue écologique que foncier.

Cependant, plutôt que de fustiger la faible vitesse de réaction de St Andrews ou de l’USGA sur le sujet, nous ferions mieux de les féliciter car, pour une fois, les choses sont claires : les drivers utilisés en compétition ne pourront plus excéder une longueur de 46 pouces contre les 48 pouces autorisés actuellement.

Outre la position implicite que cela entraîne à propos du lien existant entre la longueur du shaft et la distance parcourue par la balle (cf concept One-length), la première question que nous nous posons est de savoir si les joueurs du Tour (USPGA, Européen ou autres) ont su accueillir cette annonce avec toute la bienveillance qu’elle mérite. 

Et force est de constater que tel ne fut pas le cas. 

Phil Mickelson dit avoir été fortement choqué par la nouvelle qui lui est parvenue au début du weekend dernier. Le joueur américain – récent vainqueur de l’US PGA – va jusqu’à laisser penser que cela consiste, selon lui, en une forme brutale de perte de libertés individuelles et notamment de celle de l’amusement. Nous frôlerions le tribunal international de La Haye, selon le quinquagénaire…

Il faut dire que Phil sait bien qu’à son âge (51 ans), sans recours à un bras de levier maximal pour rivaliser de distance avec les autres compétiteurs, ses chances de réitérer une performance comme celle de ce printemps est tout simplement impossible.

Alors que faire ? Créer une catégorie spéciale pour les joueurs en perte de vitesse (sans jeu de mot), qui frappent au-delà de 110 mph et qui veulent encore exister sur le Tour tout en tenant la dragée haute à des joueurs de 25 ans leurs cadets ?

Bien évidemment pas. Et il faudra, quoi qu’il en soit, que leur colère passe … 

Regardons autour de nous. Regardons ce qui se passe en Formule 1. Savez-vous que tous les moteurs de ces bolides sont bridés à 1600cc ? Que le nombre de cylindres est limité à 6 ? Que les moteurs n’ont pas le droit de passer 15 000 tours/minute ? Pourtant le spectacle est au rendez-vous.

Mais relativisons.

Au golf, cette dernière/première mesure ne concerne que très peu de joueurs. Sur le PGA Tour, nous parlons d’une demi douzaine de concurrents et l’enjeu ne concerne que ceux qui vont poursuivre leur carrière sur le Senior tour. Nous sommes loin des chiffres de la fracture numérique … Le bien de tous ne passe-t-il pas parfois par le sacrifice de certains ? L’avenir du golf, oui.

C’est pourquoi, bien que sa date de mise en application ne soit pas encore annoncée pour tous, en finalité, cette mesure s’avère très enthousiasmante. Elle marque un premier pas vers un jeu plus responsable, vers un avenir plus serein.

Reste que ce que nous avait vendu St Andrews dans ses dernières prises de position parlait d’une “collaboration avec les fabricants majeurs afin de produire des clubs mettant en avant des qualités du jeu autres que la puissance”. Nous espérons que cette mesure n’est que la première d’une longue série et que la “collaboration avec les fabricants” citée plus haut ne se résumera pas à un bout de shaft coupé sur un coin de table de la cuisine …

FdeC.

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