MAJEURS 2021 : les aberrations chroniques du système !

C’est à un très bel US Open auquel nous assistons depuis plusieurs jours. Le champ des joueurs est complet, ces derniers sont motivés autant qu’il est possible de l’être et la concentration se lit dans tous les regards, tout autant que l’espoir ou la peur de gagner.

Le parcours de Torrey Pines, en Californie, où il se déroule, est dans un état parfait et les greens sont durs et rapides comme il se doit. Fort heureusement, par contre, le vent n’aura pas trop régné durant les quatre jours de l’Open, permettant ainsi à l’épreuve de conserver une dimension humaine.

Tiens? Pourquoi cette remarque?

Parce que le parcours sud de Torrey Pines, redessiné par Rees Jones en 2001, mesure 7 802 yards (7 134 m) des départs arrière pour un par 71. Un parcours de plus de 7 000 mètres. Un monstre. 

A une époque où les trop grandes distances parcourues au driving par les joueurs tentent d’être jugulées par l’USGA (et le R&A), il est légitime de se demander si les tournois Majeurs ne seraient justement pas l’occasion rêvée d’orienter les épreuves vers un autre type de jeu que celui de la puissance? 

Or à ce jour, nous en sommes loin. Mieux encore: le tournoi de l’USPGA, Majeur également, s’est déroulé il y a quelques semaines sur l’Océan Course de Kiawah Island Resort qui mesure 7202 mètres. A l’occasion, le tournoi a hérité du titre de Majeur joué sur le plus long parcours de l’Histoire du golf.

De son côté, l’Old Course de St Andrews vient de sortir de la liste des parcours aptes à recevoir un Majeur du fait de son manque de longueur…

Que penser de ces décisions qui se prennent totalement à contre-courant par les acteurs même du changement?

S’agit-il de marquer les esprits et d’effrayer les foules avec des parcours de 8 000 yards que les latins prennent facilement pour des mètres?

Que l’on ne nous dise pas que cela est pensé, afin de garantir une excitation dans le jeu, car les écarts entre les joueurs n’ont jamais été aussi faibles que lors de cet US Open 2021. Bizarrement, les scores se resserrent quand les parcours s’allongent…

Force est de constater que tout ceci n’est pas très rassurant quant à l’évolution promise de notre sport. 

Pourquoi? Parce que le R&A et l’USGA ont assuré que la distance n’était que l’un des intérêts du golf parmi d’autres et que les fabricants de clubs travaillaient déjà avec eux pour fournir des nouveaux outils (clubs) qui feront la part belle aux autres aspects de la pratique.

Etant très curieux par nature, et n’ayant aucune idée de ce que peuvent bien vouloir nous faire miroiter les instances dirigeantes, je mise sur le fait que les fabricants de clubs, eux non plus, n’ont aucune idée de ce que ces dernières leur demandent et sont encore à des années-lumières de fournir les premiers prototypes de ce que les législateurs du golf nous vendent – théoriquement – comme les clubs du futur qui seront faits pour affronter les parcours du futur.

En attendant on va continuer à faire chauffer les drivers, les bois de parcours et les longs fers et tant pis si le contre-exemple n’a pas une grande valeur pédagogique…

Car il faut bien le dire, tout cela traîne un peu en longueur, sans jeu de mots, ni sans raison valable.

FdeC.

Publicité