MASTERS 2021 : le grand tableau…

C’est un Masters hors du commun auquel nous avons assisté cette année. Les pronostics ont volé en éclats, les paris ont pris des cotes insensées et une bagarre inouïe s’est déroulée dans le haut du classement afin d’arracher la veste verte, dans une ambiance électrisée par l’enjeu que représente une victoire dans le premier Super-Tournoi de l’année. Car c’est ça un Majeur: un instantané du golf mondial qui nous permet de juger de l’ état de santé du jeu, ainsi que des évolutions de la performance des joueurs au cours d’une saison, puis d’une saison par rapport à une autre.

Or si nous y regardons de plus près, un vent nouveau, froid et glaçant, s’est glissé, depuis quelque temps, au sein de la caravane du Tour. Un paramètre de plus – un aléa – qui ajoute à l’opacité des paris, des mérites et des pronostics cités plus haut: je fais référence aux blessés et aux convalescents.

Nous pourrions croire que lorsque je parle de ces derniers, je parle des victimes du COVID, forcément nombreuses, dans notre époque pandémique. Il n’en est rien. Je parle des opérés du genou, du dos, des cervicales, des lombaires et des sacrées, des victimes du poignet, du métatarse, des métacarpes, j’en passe et des meilleurs…

Car nous en sommes aujourd’hui à un stade qui dépasse l’entendement golfique. Face à l’équarrissage des favoris lors du Cut de ce Masters 2021 (Dustin Johnson, Rory McIlroy, Bruce Koepka, etc.) nous sommes obligés de constater que tous ces joueurs ont eu maille à partir avec la chirurgie dans les quelques mois passés. Comme dans un championnat de foot! Et cela devient inquiétant. Car les lésions incriminées dans ces accidents sont typiques du type d’ efforts qui les ont entraînées et que la recherche excessive de puissance est au premier rang du banc des accusés.

Cette situation ne se serait jamais produite il y a 20 ans. Car à cette époque la longévité faisait encore partie des valeurs essentielles du golf professionnel. Des valeurs que les instances auraient dû protéger. Aujourd’hui nous sommes obligés de constater que cette notion est devenue obsolète et que le “show” passe par les muscles, bien que nous soyons conscients que les stéroïdes font plus de veuves que de champions du monde.

Nous avons exploré la voie de la puissance et elle a jalonné la route du Tour de blessés et de joueurs brisés. Il est temps d’explorer d’autres directions.

Inutile, cependant, de compter sur le législateur pour nous y aider. Le R&A en est encore à repousser la date de remise de ses propositions sur le sujet et il n’en sortira probablement qu’un compromis tiède et mou.

Le récent accident de la route de Tiger Woods ne saurait être pris en compte dans cet éditorial. Il fait partie des accidents de la vie au même titre que celui de Ben Hogan en 1949. Woods fait cependant partie de ceux qui auront payé très cher leur tribut à la recherche excessive de puissance (28 opérations chirurgicales).

Il faut dire, par ailleurs, qu’il en fut l’un des grands initiateurs, au tout début des années 2000, à une époque où sa domination mondiale reposait principalement sur le wedging…

FdeC.

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