Masters 2022 : symphonie et danse macabre…

Le Masters a débuté jeudi dernier, à Augusta, et nous fournit déjà toute la matière nécessaire pour évaluer le niveau de performance physique et mental des participants. Mieux encore, le cut du vendredi ayant déjà moissonné le champ des joueurs, pour ne retenir que les 52 meilleurs, nous nous retrouvons dans une configuration où certains compétiteurs confirment les espoirs placés sur eux tandis que d’autres voient s’effondrer des ambitions souvent irréalistes. Nous oublions trop souvent que le Masters est le premier tournoi Majeur de l’année et donc l’épreuve la plus marquante pour décider de la teneur de la saison à venir. Beaucoup de stress, d’exaltation, et beaucoup de larmes en perspective …  Nous allons nous régaler !

A tout seigneur, tout honneur : Tiger Woods était au centre de toutes les attentions avant ce tournoi et, comme d’habitude, le Patron du golf planétaire en a donné plus que ce que l’on pouvait espérer. Passant outre les problèmes d’ordre locomoteur consécutifs à son accident de voiture de l’an passé, le Tigre a su réveiller l’âme du fauve que l’on croyait perdue et cette rage s’est traduite par un 71 suivi d’un 74 qui le placent en 19ème position ex-aequo pour affronter le weekend. Soyons clair, ce type échappe à toutes les règles communément admises : il est le golf incarné. Une symphonie à lui tout seul.

Avec 5 points d’avance, à mi-épreuve, sur son premier poursuivant (le Sud-africain Charl Schwartzel), Scottie Scheffler porte haut les couleurs de son nouveau costume de numéro 1 mondial. Ayant remporté 3 tournois lors de ses 4 dernières apparitions, les chances de ce dernier d’échapper à une séance d’essayage avec une veste, verte cette fois, sont plutôt minces. Scheffler est impassible, sûr de lui, régulier comme l’horloge du salon, et possède la capacité rare de croire que le score idéal au golf pour boucler 18 trous est de 36. Il sera dimanche soir notre probable champion. 

A moins que Justin Thomas, bien mal parti avec un 76 initial, tienne le rythme de son second tour et nous assène deux 67 de plus.

Côté européen, Lowry fait des merveilles et voudrait probablement signer une victoire majeure Outre-atlantique, mais la prestation de Rory McIlroy est encore plus intéressante. Avec deux 73 pour passer le cut, l’irlandais du Nord semble avoir fait la paix avec lui-même et c’est ce qui pouvait lui arriver de mieux. Sa 23ème place à la sortie du cut ne lui permet pas d’envisager la victoire mais répond à un grand besoin de normalité.

Les deux grands perdants de cette édition 2022 du Masters sont définitivement indissociables dans le meilleur comme dans le pire. Il s’agit évidemment de Brooks Koepka et Bryson DeChambeau. Le premier à oublié de faire preuve d’humilité, il y a quelques semaines, en annonçant à ses pairs que le niveau de jeu qui était le sien lorsqu’il remporta ses deux majeurs est dorénavant son quotidien. Le second confia à Woods ses doutes, l’an dernier, quant à la poursuite de sa carrière et les événements pourraient bien lui porter un coup au moral supplémentaire, voire fatal. Pour BDC, la fête du Masters prend des allures de danse macabre …

Car aucun de ces deux champions n’a passé le cut.

Et Jordan Spieth que l’on disait au mieux de sa forme ces derniers temps, n’aura pas fait mieux.

Dans le camp américain, il reste à saluer DJ – Dustin Johnson – qui pointe comme d’habitude dans le Top 10. Classe, discrétion et efficacité sobre : un véritable hymne à la joie, année après année …

Bien sûr, au golf, tout peut arriver et Dieu seul connaît le nom de celui dont on prendra les mesures à l’heure de la remise du trophée, dimanche soir. Pour nous autres, spectateurs, cela signifie qu’il nous reste encore quelques heures pour rêver et profiter pleinement de cet extraordinaire concerto.

F2C

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