PÉNURIES DE CLUBS : le retour du Fake.

En ces temps de rattrapage, où les fabricants de clubs essayent de retrouver un fonctionnement rationnel entre l’approvisionnement en matières premières, la production, la recomposition des stocks, et l’acheminement des produits finis, réapparaît une plaie que l’on croyait guérie : les fake clubs.

Pour illustrer ce phénomène – qui s’exprime sous la forme de vente de produits manufacturés ou de composants fabriqués par des entreprises parallèles qui labellisent leur produits au sigle de grandes marques dont ils ne sont pas les représentants ni les licenciés – The Golf Group (association de fabricants de clubs dont le but est de débusquer les producteurs d’imitations de clubs ou de clones illégaux) vient de réaliser une saisie de 21 281 copies de matériel renommé ainsi que de 51 904 étiquettes de marques prêtes à être apposées sur des articles de jeu ou de textiles. Les victimes de ce lot de contrefaçons ne sont autres que XXIO, Titleist, Scotty Cameron, Wilson, TaylorMade, PXG, Callaway,  et Ping. L’opération s’est faite conjointement avec la police de Shangaï car, c’est un fait, l’essentiel des fake-clubs sont issus de l’Asie et principalement de Chine.

Au total, depuis 2004, année de création de The Golf Group, ce sont plus de 2 millions d’articles copiés qui auront été saisis en Chine seulement. Et les ramifications de ce système ont depuis longtemps obtenu leur Pass-Sanitaire puisque des enseignes occidentales (pour ne pas dire européennes) connues, spécialisées dans la vente de clubs et de shafts, auraient près de 5% de leurs stocks issus du marché de l’imitation.

“Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse”, dirait Musset – qui souffrait par ailleurs d’un slice chronique -, mais, malheureusement, nous ne pouvons nous en contenter. Car les shafts estampillés Fujikura ou Project X, par exemple, qui sont issus de cette filière n’ont aucune qualité dynamique commune à l’original. Idem pour des clubs. Les nouveaux clubs équilibrés au tungstène D18, s’ils sont issus du monde de l’imitation, ne vous proposeront non seulement pas du D18, mais même pas du tungstène tout court !

Au final, ce marché est une catastrophe pour le joueur qui connaîtra une vraie désillusion, comme pour le fabricant qui verra, qu’on le veuille ou non, une dépréciation de ses produits du fait des pauvres performances de leur fac-similé. Or s’il est difficile de gagner une réputation, il est beaucoup plus simple et rapide de la perdre…

Le golfeur attentif ne se laissera pas prendre au jeu. Vos achats golfiques se feront auprès des marques uniquement ou auprès de revendeurs agréés, voire de sites de confiance. Et nulle part ailleurs.

Les sirènes d’Internet qui vous font miroiter des tarifs “imbattables” sont les premiers suspects désignés, surtout s’ils se situent hors de France. Simplement parce que notre marché national est modeste et que les informations y circulent plus vite.

Le marché du Faux est une calamité pour les fabricants comme pour les joueurs. Restez alertes pour ne pas l’alimenter dans le seul but d’économiser quelques euros.

Car non seulement ils vous coûteront un achat souvent inutilisable, mais aussi car ils mettront injustement sur la balance la réputation d’une grande marque.

Sans parler, bien sûr, de la votre…  

FdeC.

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