PUTTING : du pouce dans l’air.

Alors que les mesures visant à limiter les distances parcourues au drive ne sont pas encore consultables (le Royal & Ancient vient de reporter leur application du fait d’une consultation des partenaires plus longue que prévue), nous savons déjà que la limitation de la longueur du club d’engagement sera fixée, dans l’avenir, à 46 pouces. 

Il s’agit d’un premier point, et il est le fruit du bon sens. 

Dans l’attente d’autres mesures sur le sujet, certains joueurs du Tour ont profité de l’affaire et ont sorti leur double-décimètre pour tout mesurer avec un acharnement aussi exhaustif que frénétique. Histoire de voir si, règle en main, les joueurs pouvaient débusquer d’autres mesures non égalitaires, non productives ou contraires à l’esprit du jeu.

Cette semaine, Billy Horschel – 6 fois victorieux sur le PGA Tour et une fois sur l’European Tour – a pris la parole et a livré un point de vue inattendu : selon le joueur américain – et nombre de ses pairs – le premier club qui devrait suivre l’exemple du driver et subir une mesure comparable n’est autre que le … putter !

Et ils ne sont pas idiots, dans la bande à Horschel, car au bout du compte, la cible qu’ils veulent abattre n’est autre que le putter de type arm-lock, dont la taille est généralement de 40 pouces contre 34 ou 35 pouces pour un putter standard. Pourquoi cela ? 

Parce que les adeptes de ces putters mi-long – les pros – ont trouvé un type de grip, pour positionner l’une des mains dans un axe sur le club, qui rendrait le placement de la main parallèle à la ligne de visée et, par conséquent, faciliterait l’exécution d’un coup réussi. Sans parler du blocage essentiel des poignets que ce style club favorise. 

Dit autrement, les pros se plaignent que les utilisateurs de ces putters soient injustement meilleurs!

Comment les instances se positionneront-elles face à ce problème? 

En aucun cas elles ne légifèreront sur l’abandon de ce placement des mains. Le R&A n’a jamais interdit quoi que ce soit dans le swing et ne va certainement pas commencer. Ce serait de la pure hérésie !

Vont-elles tenir compte de la plainte des pros et accepter d’imposer une longueur maximale du club basée sur une norme traditionnelle et ancestrale? Ce serait la mesure la plus égalitaire mais aussi la plus polémique car elle marquerait la fin des putters arm-lock après celle des Belly-putters, et cela ne plaira ni aux joueurs concernés, ni aux fabricants de clubs.

Reste enfin la possibilité pour le R&A (et l’USGA) d’ignorer la rumeur et d’attendre, dans l’espoir que le feu couve mais ne s’embrase jamais. 

Cette solution sera probablement celle retenue par les instances, comme à leur habitude.

Car si ces dernières répondent favorablement aux plaintes d’Horschel, nous en retiendrons, quant à nous, qu’il devient de plus en plus difficile de croire que les règles de jeu n’aient pas pour mission de rendre le golf aussi ardu que possible.

FdeC.


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