Putting : le Diable et les détails…

Au moment même où Jon Rahm ratait l’un des putts les plus courts de l’Histoire – lors du Palmer Invitational 2022 – Bryson DeChambeau exprimait dans les médias les problèmes qu’il avait connu, lui aussi , sur les petits coups de finition.

Selon le frappeur américain, l’un des facteurs responsables de ces petits putts manqués – si faciles en théorie – serait lié à la présence et à la forme des alvéoles de la balle qui rendraient son roulement aléatoire. 

Le raisonnement de BDC, pour parvenir à cette conclusion, est simple : sur les putts courts, la vitesse de déplacement du putter est particulièrement faible, ce qui ne permet pas de créer une déformation de la surface de la balle à l’impact, De ce fait, la partie de la balle contactée par le club reste globalement sphérique et, selon l’angle de percussion, un creux d’alvéole ou un bord externe de l’une de ces dernières peut envoyer la balle dans une direction hasardeuse … Pour bien comprendre le phénomène, imaginons que le club passe beaucoup plus vite à l’impact. Il crée alors une déformation de l’enveloppe de la balle qui va s’aplatir sur la face du club, écrasant ainsi les alvéoles dans un à-plat lors de l’impact. La direction du coup n’est donc pas altérée et restera fidèle au sens de déplacement du club.

La théorie est plausible et elle fonctionne sur le papier, bien qu’elle soit anecdotique.

Mais la véritable question est plutôt de savoir si les médias font bien de relayer ce genre de “statement” dans leur flux d’informations. Mieux encore, est-il judicieux d’oublier de préciser qu’il s’agit d’une observation amusante mais dont la répercussion sur le résultat ne dépasse pas 0,0001% des petits putts manqués ? Car si cela n’est pas clairement exprimé, les joueurs de tous âges et de tous calibres risquent de s’approprier le problème et c’est ainsi que des légendes golfiques se propagent et encombrent le paysage technique commun. Ne vous étonnez pas si à l’avenir vous entendez un joueur se plaindre de sa balle pour excuser ses échecs au putting.

Alors, même si nous sommes des fans absolus de matériel et de technique, chez AVISGOLF, nous sommes également friands des anecdotes qui jalonnent l’Histoire de notre sport. Lorsque Hale Irwin fit un air-shot à l’Open Britannique de 1983, sur un putt de quelques centimètres, ou lorsque Jon Rahm manqua le trou la semaine dernière, à la même distance, les deux joueurs reconnurent ne pas avoir décidé de jouer le coup mais que celui-ci leur avait échappé. Faute de concentration. Car alvéoles ou pas, une face de club square et un guidage du coup vers l’avant, avec application, ont toujours donné un bruit de roulette au casino : celui qui indique que la balle est bien au fond du trou.

FdeC.

Publicité