Rory positif au virus DeChambeau.

On a parfois envie de regarder les choses se produire et d’adopter un air docte avant de lâcher froidement un “je vous l’avais bien dit” que personne n’a réellement envie d’entendre. Nous ne le ferons pas.

Pourtant lors d’un récent édito, j’avais voulu attirer l’attention de nos Avisgolfeurs sur les dérives dangereuses que représentait la recherche de puissance par la musculation telle que pratiquée par Bryson DeChambeau, ainsi que l’augmentation de la longueur des drivers pour mieux exprimer cette dernière. 

Concernant ce dernier point, le R&A n’a pas été long à réagir et a immédiatement limité la longueur des drivers à 46 pouces.

Globalement, les réactions à cet éditorial sont restées polies mais il n’a pas vraiment effrayé grand monde.

Aujourd’hui, c’est Rory McIlroy qui en parle. Et cela fait le tour de tous les médias golfiques de la planète. 

Rory reconnaît – en prenant le recul nécessaire – que l’impact des performances de DeChambeau sur son propre jeu est probablement la raison principale de son manque de résultats en 2020. De nombreux joueurs du Tour ont exprimé le même sentiment. 

Selon Rory – et d’autres observateurs – une fois passé le choc de se “prendre” 50 yards au drive, c’est au niveau mental que se situe le problème. C’est le fait de savoir que quelqu’un peut frapper des balles pareilles qui fait, qu’inconsciemment, tous les joueurs ont commencé à fixer la distance comme une priorité dans leur entraînement, et nous savons tous ce que donne un swing en surchauffe. 

Attention cependant, les dingues de tournois, ceux qui grossissent les rangs des armées de fans, ne sont pas plus innocents dans l’affaire. Pour avoir porté les coups de DeChambeau au pinacle et avoir laissé imaginer que le joueur symbolisait le jeu spectaculaire et fantasmé de leurs rêves, ils ont laissé des traces indélébiles dans l’inconscient collectif. Quel meilleur exemple, pour illustrer ce propos que la mise en scène d’une tentative à moitié réussie de driver le green d’un par 5 en tournoi officiel ? Dans la réalité le par 5 en question est un tel dog-leg qu’il s’agit de passer 300 mètres à la volée pour atteindre le green. Impressionnant, mais pas fidèle à l’intitulé de départ.

Pour toutes ces raisons, les joueurs sont victimes d’un mal qui se propage comme un virus. Le virus DCB. Mais le plus surprenant c’est que, de tous temps, des phénomènes sont apparus sur les différents circuits avec des qualités hors-normes, bien que leur nom ne soit resté cependant dans l’Histoire. Car leurs co-compétiteurs ont su développer des talents ou des stratégies leur permettant de contrer les atouts de ces étoiles filantes, en imposant leur propre jeu. 

Dans le cas présent, c’est l’inverse qui s’est produit. Les pros ont marché dans le piège de la recherche de distance et explosent les uns après les autres en essayant de battre DeChambeau sur son propre terrain. 

Le coup du débutant…

Surprenant de la part de Rory et de ses pairs qui devraient savoir, mieux que personne, que l’essentiel au golf est de rester fidèle à qui l’on est.

FdeC.

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