Swing du futur? Que se passe-t-il chez AVISGOLF?! La rédaction aurait-elle perdu la tête pour se lancer dans un domaine jusque-là interdit : celui de la technique du swing?

Pas du tout. Mais l’enchevêtrement entre les différentes composantes du jeu de golf fait que souvent les découvertes faites dans un domaine bien spécifique (comme le test de matériel de jeu) ont des répercussions sur un sujet qui se trouve à l’autre bout de la chaîne (comme le swing).

Pour bien comprendre, prenez la vidéo du test comparatif réalisé par nos équipes lors de l’affrontement d’un driver actuel avec un driver de qualité égale mais datant d’il y a 20 ans (cf Test Driving : 15 ans plus tard). 

Ce test a été beaucoup consulté et il a fait apparaître que les drivers que nous utilisons aujourd’hui ne produisent ni plus de distance ni plus de vitesse de démarrage de balle que ceux de l’époque.

Par contre, aucun doute : les drivers contemporains, outre leur facilité de mise en mouvement, offrent des trajectoires de balles bien plus droites – que la balle soit centrée ou pas dans la face du club lors de l’impact -. et limitent incroyablement les écarts lors des effets de balles accidentels ou intentionnels. Et c’est en cela que les drivers d’aujourd’hui sont théoriquement plus puissants. Parce qu’ils utilisent toute l’énergie appliquée à la balle vers l’avant en récupérant celle qui aurait normalement servi à la faire dévier latéralement.

Par ailleurs, quelques mois plus tard, c’était au tour des balles actuelles d’être comparées à des modèles qui avaient parfois un âge certain ( près de 40 ans pour les plus vieilles!).

Là encore – outre des différences de sensations colossales – les balles “modernes” n’ont pas su nous convaincre pour ce qui est du gain de distance que le temps et l’évolution évidente de la technologie laissaient supposer.

Elles nous ont prouvé, par contre, qu’il était devenu très difficile d’imprimer des effets volontaires conséquents aux balles des années 2020 et là encore, c’est cette “rectitude systématique”, typique des balles en polymères, qui a pu constituer un gain éventuel de distance sur la globalité des coups frappés.

Bref, les balles modernes empruntent les mêmes recettes que les clubs et parviennent donc aux mêmes résultats.

En extrapolant ces deux données, la question sous entendue dans le titre de cet article (quel sera le swing du futur?) prend tout son sens.

Les enseignants et coachs de tous poils tiendront-ils compte de cette donnée matérielle lorsqu’ils envisageront le type de jeu vers lequel orienter leurs élèves?

Car globalement, si deux grandes étapes se succèdent, dans un apprentissage classique (je frappe mes balles tout droit puis j’apprends à les frapper avec l’intention d’imprimer un effet à la balle), l’une d’entre elles n’a plus de raison d’être. La seconde.

Car il n’est pas très opportun de lutter contre une évolution du matériel qui incite à gommer les effets. Et il est donc tout aussi inutile de fabriquer des swings qui vont satisfaire les “manieurs de balles” à une époque – la nôtre – où la balle va lisser toutes les courbes qu’elle pourrait emprunter dans le ciel.

Pour illustrer ce phénomène, il suffit de constater l’évolution spectaculaire des clubs composant le sac des champions. Les lames disparaissent progressivement au profit des semi-lames ou des Holo-bodies, beaucoup plus tolérants, plus puissants et moins versatiles. 

Au passage, c’est toute une stratégie de jeu qui disparaît. Jusque-là, le golf pourcentage proposait de s’aligner sur le milieu de green et d’orienter la face du club sur la cible afin de produire une balle qui volerait vers le milieu du green, et tournerait en l’air pour aller chercher le drapeau dans le coin où il se trouvait. Dans le cas où l’effet ne serait pas réussi le coup finirait au milieu du green. Dans celui où il serait réussi la balle ne serait pas loin du trou et c’est généralement un birdie qui sanctionnait le joueur. Mais le matériel actuel ne permet plus ce genre de calcul, vous l’aurez compris. Aujourd’hui, pour ceux qui veulent swinguer en restant à la page il ne reste que le “golf à cible”. Le jeu droit. Le jeu Boom-boom. Le seul type de jeu qui soit en adéquation avec l’évolution actuelle du matériel.

Bien sûr, il y a des contre exemples. Le jeu de Bubba Watson, et son fameux coups de wedge cintré lors du Master’s de 2012 en est un. Mais tout le monde n’est pas Bubba…

Tout cela signifie-t-il que cette notion d’effet (outre le Backspin) va progressivement disparaître du vocabulaire du golfeur, comme cela commence à être le cas avec le mot puissance ?

Ce ne serait pas forcément une mauvaise chose, même si certains puristes le regrettent déjà. Au final cela signifie que les grips neutres et les swings symétriques ont de beaux jours devant eux. Cela signifie aussi que la notion d’alignement va reprendre l’importance qu’elle mérite. Et c’est une bonne chose pour tous.

Espérons simplement que cette mini-révolution mette moins de temps à se produire qu’il n’en a fallu pour se débarrasser de l’obsession quasi-malsaine engendrée en son temps par la recherche de puissance…  

 

FdeC.

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