Photo crédit: Paige-Spinahac’sblog

Il fallait oser; ils l’ont fait!

TaylorMade aborde 2019 avec un mode de communication qui peut paraître anodin de prime abord, mais qui est dans les faits une véritable révolution. Nous ne parlons pas ici des résultats obtenus avec les clubs (et notamment les bois) de leur nouvelle gamme de produits 2019 mais plutôt du discours de la marque de Pittsburgh qui avoue (sans le vouloir?) le mensonge par omission que nous servent depuis des années les fabricants de clubs et qui ont soulevé un nombre invraisemblable de malentendus et de faux débats chez les golfeurs de tous poils.

La vilaine histoire a été dévoilée lorsque TaylorMade a décidé de vérifier le Coefficient de Restitution de ses produits. coefficient limité par St Andrews et l’USGA à 0,83 (voir vidéo sur le COR dans le menu “le coin des joueurs”). Tout comme ses concurrents, TaylorMade se vante depuis longtemps de proposer des bois et des hybrides qui flirtent avec cette limite qui, comme tout le monde le sait, a une répercussion directe et importante sur la distance parcourue par la balle. Et là… en contrôlant le COR des clubs à la sortie de l’usine: patatras! Le joli COR initialement prévu par les ingénieurs de la firme à 0,83 s’effondre pour se situer entre 0,79 et 0,82 pour la plupart des clubs contrôlés… Là, bien évidemment, les ingénieurs tombent dans un burn out sans fin, s’arrachent leurs implants en carbone et sont prêts à rendre leur tablier en bois métallique.

La belle conception architecturale et dynamique tracée sur le papier n’a pas survécu aux approximations de la fabrication, qui, en l’état actuel des choses, ne pourra pas faire mieux.

En off, un officiel de la marque nous a glissé à l’oreille que les rares exemplaires qui sortaient des chaînes de fabrication avec un COR de 0,83, comme recherché, ne terminaient jamais dans la vitrine d’un magasin mais partaient directement sur le Tour pour être encore modifiés et finalement joués par les champions. Inutile de vous expliquer ce que cela signifie…

Mais TaylorMade n’en est pas à sa première déconvenue et la marque a tout de suite compris qu’il était inutile de chercher le Graal, c’est à dire le surplus de puissance, dans de nouveaux domaines tant que celui du COR ne serait pas convenablement exploité. Et c’est ainsi que la marque a créé la résine de réglage injectée qui va uniformiser et optimiser le COR selon un algorithme complexe utilisé sur chaque club. D’où l’existence des vis sur la face du driver de la gamme qui servent en fait de point d’injection de la résine.

 

Nous notons au passage que les mots employés ne sont plus les mêmes dans leur communication: “atteindre ainsi la limite autorisée ou s’en approcher”… Il s’agit maintenant d’un discours plus nuancé, plus volontariste mais aussi plus réaliste, auquel nous ne sommes pas encore habitués. Mais cela va changer et c’est un bien.

De ce fait, peu importe que le driver M5 460 MRC soit ou non le plus performant du marché. De toute façon, il aura ouvert la voie vers plus d’honnêteté dans le discours des fabricants et pour cela nous ne féliciterons jamais assez TaylorMade qui aura eu le courage d’avouer qu’il existe un gap conséquent entre la théorie et la réalisation, chose que tous les joueurs savent depuis le premier jour où ils ont posé leurs mains sur un club de golf.  

 

FdeC.

 

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