« These guys are good ! »

La vitesse de démarrage de la balle à l’impact définit la distance qu’elle parcourt, c’est un fait. Et à ce petit jeu là, le double champion du monde incontesté se nomme  Kyle Berkshire, un jeune (et sympathique) pro de 25 ans qui est le détenteur du record  planétaire avec une vitesse de démarrage de balle de 233,4 mph, qui propulse cette dernière à près de 400 mètres. 

Impressionnant. 

Pour situer les choses, Bryson DeChambeau, qui n’est pas manchot quand il s’agit de puissance, dépasse à peine 221 mph … 

Tout ceci s’inscrit dans le cadre du Long Drive (circuit américain spécifique consacré à la distance uniquement), et nous sommes toujours curieux de savoir comment se traduirait cette puissance dans le jeu traditionnel d’un tournoi professionnel. Car si BDC, cité plus haut, concourt dans les deux catégories (Long Drive et PGA Tour), il est parti des compétences acquises sur le Tour traditionnel pour aller chatouiller les cadors du Long Drive, tandis que Kyle Berkshire tente précisément l’inverse : partir de la puissance pour aboutir à la précision. Car c’est de cela qu’il s’agit. Berkshire a voulu s’offrir récemment un luxe qui n’appartient qu’à Bryson : jouer, selon l’envie, un concours de Long Drive ou une place au Masters … et il s’est inscrit – en toute humilité – au départ d’un tournoi de ligue mineure disputé en Floride sur un seul tour. Le résultat s’est résumé en 76 coups, soit 5 de plus que le Par (71), avec un aller sans erreur et 5 points perdus au retour. Dans les jours qui ont suivi l’épreuve, Berkshire – qui a pu juger de la quantité de travail qu’il devait produire pour réaliser son rêve – a lâché une phrase laconique que nous avons déjà entendue sur d’autres types de terrains : “These guys are good”, a-t-il dit en parlant des autres compétiteurs. Ils le sont, effectivement, et en 2021, cela s’est traduit de la façon suivante :

Meilleure moyenne de drive : Bryson deChambeau, 314,5 yards (283 mètres)/ Moyenne du Tour : 289,8 yards (261 mètres).

Meilleure moyenne de greens en régulation : Cameron Percy, 72,5 % soit 13,5 greens touchés en régulation par parcours / Moyenne du Tour : 65,1 % soit 11,7 greens touchés en régulation par parcours.

Meilleure moyenne au putting : Cameron Smith, 1,54 putts par green (27,72 putts par parcours) / Moyenne du Tour : 1,61 putts par green (29 putts par parcours). 

Meilleure moyenne de score : Jon Rahm, 69,3 / Moyenne du Tour : 71,2.

Sans en oublier une dernière :

Meilleur pourcentage de “sorties de bunker – 1 putt” : Brooks Koepka, 65,38 % / Moyenne du Tour : 50,05 %. 

Au vu de ces chiffres, nous comprenons mieux pourquoi les longs frappeurs n’ont pas un avantage décisif lorsque l’on parle de score. Bien au contraire. Et s’il est évident que la puissance ne vaut rien en soi, concernant ce dernier, nous sommes obligés de nous interroger sur le bien fondé des mesures envisagées par St Andrews afin de limiter celle-ci. Car elles n’auront finalement aucune conséquence sur le ranking du PGA Tour.

Kyle Berkshire se lance aujourd’hui dans un challenge risqué dont nous ne pouvons que l’en féliciter en lui souhaitant toute la réussite possible.

Car c’est vrai que these guys are good … 

Mais ça, nous n’en avons jamais douté.



FdeC.

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