USPGA 2021 : le plus beau sport du monde…

L’événement de la semaine, c’est bien évidemment la tenue du second tournoi Majeur de la saison 2021, qui s’est déroulé  sur le parcours de l’Ocean Course de Kiawah Island en Caroline du Sud (USA). Un parcours monstre, mesurant 7200 mètres – qui rafle le titre de parcours le plus long où se soit jamais déroulé un tournoi majeur – et qui fait la part belle aux étendues balayées par le vent ainsi qu’aux obstacles d’eau aussi innombrables qu’interminables. Un parcours athlétique, un parcours violent, taillé pour les jeunes et pour les brutes, où l’on attendait des frappeurs, des Dustin, des Rory et des Bryson…, en vain. 

A la place, les Dieux du golf nous ont proposé un final entre trois hommes:  Bruce Koepka, qui confirme son appétit pour les tournois Majeurs, Louis Oosthuizen, dont la régularité lors des grands rendez-vous est remarquable, et un Phil Mickelson, désormais cinquantenaire et classé au-delà de la 100ème place mondiale (115ème). 

Dans les faits, l’affrontement direct entre les joueurs de tête n’a pas eu lieu ou très peu. Mickelson a réussi à tenir la dragée haute à son pire ennemi – lui-même – et il a su imposer son petit-jeu remarquable sur un parcours dont la longueur n’était à priori pas la seule clef. 

Que retenir de cette victoire qui a fait exploser le record d’âge pour une première place en tournoi Majeur (Jack Nicklaus en était le détenteur jusque-là avec une victoire au Masters à 46 ans)?

Tout d’abord elle ponctue la carrière du joueur américain de la plus belle des façons. 

Bien qu’ayant été le chouchou du public pendant des décennies, Lefty a souvent raté ses rendez-vous majeurs par manque de confiance en lui. Malgré un palmarès magnifique (46 victoires sur le PGA Tour et désormais 6 victoires en Majeur) le monde du golf s’attendait à le voir remonter doucement dans le classement au fil des ans pour finalement sortir par une porte pas si grande que cela. Avec cette victoire inespérée ce sont désormais les portes du Hall of Fame qui lui sont grand-ouvertes. Et c’est mérité.

Ensuite, elle nous réconcilie avec l’équité golfique. 

A une période où la puissance veut être imposée comme une qualité première, elle nous prouve que la finesse, la précision et la régularité sont des armes imparables qui sont toujours source de victoire. Le classicisme, qui reste la façon la plus simple et logique de frapper une balle de golf, a encore de beaux jours devant lui…

Enfin, elle nous prouve que ni la motivation, ni la capacité de concentration, ni la rigueur mentale et physique ne sont des valeurs qui décroissent avec le temps.

Et ça, pour tous ceux qui comme moi ont dépassé les âges qui commencent par un 5, c’est vraiment une sacrée victoire.

Alors remercions Phil Mickelson, l’USPGA et le jeu de golf en général car après des Dimanches pareils, cela ne fait aucun doute : le golf est bien le plus beau sport du monde !

FdeC.