VP Bank Swiss Ladies Open 2021 : le faux pas du Ladies European Tour.

Qu’on ne se trompe pas : cet éditorial n’a, en aucun cas, l’intention de fustiger les participantes du Swiss Ladies Open, qui a eu lieu le week-end dernier, pas plus que nos amis helvètes qui ont reçu l’épreuve. Autant être clair, les joueuses ont délivré un jeu sublime, dans un cadre qui l’était tout autant, le tout dans des conditions de jeu idéales… Un superbe Open, que la Thaïlandaise Atthaya Thitikul a remporté avec un score total de -16 (sur trois tours), époustouflante de style et de régularité.

Mais ce qui a impressionné le plus, en voyant les joueuses frapper leur “tee shot”, lors de ce tournoi, c’est la mise en scène des départs telle que proposée par le sponsor de l’épreuve : VP Bank. Des tas de lingots d’or géants, disposés de part et d’autre des boules de départ, mesurant chacun plus de 2 mètres de long pour un mètre de large, à vue de nez. Et c’est justement ce qui nous l’a fait tordre (le nez …). 

Car, certes, nous sommes bien placés, en France, pour connaître la difficulté rencontrée par les organisateurs de tournois pour trouver des sponsors dignes de ce nom. Le passage de l’Open de France à une catégorie inférieure de tournois du tour Européen est cruellement là pour nous le rappeler. 

Mais des lingots d’or disséminés sur le parcours, … sérieusement … 

À une époque où les instances mondiales du golf s’attaquent à la mondialisation du Handicap et où le monde entier constate la perte des valeurs fondamentales, le Ladies European Tour ignore le souffle de démocratisation qui sillonne la planète et propose le lingot comme symbole de l’art de vivre golfique.

Sans être étroit d’esprit, il ne semble pas qu’en employant de tels symboles, le golf descende un jour dans la rue. Car le show (Off) qu’a orchestré VP Bank ne fait que nous renvoyer à des images négatives, comme l’organisation du Mondial de Foot au Qatar où le rachat de grands clubs européens par les E.A.U. Des exemples qui nous font dire que le sport n’est pas qu’une histoire de sport, bien au contraire.

Partant de là, si l’argent (ou l’or) règne en Maître, quel est l’avenir de la loi Evin ? Imaginez la manne que représentent des groupes comme  Pernod-Ricard, Moët Hennessy ou Heineken…

“ L’argent ne nuit pas à la santé”, diront les défenseurs du côté VP Bank. Soit. “ Mais son absence y concourt.” argumenteront les autres. Voulons-nous vraiment véhiculer l’image d’un sport de riches, un sport où l’argent coule à flots ? Ne cherchons-nous pas au contraire à faire apprécier les qualités sportives et sociales de notre sport favori ?

Dans ce sens, le Ladies European Tour aura autorisé, dans cet Open de Suisse féminin, un caprice qui représente le plus grand faux-pas de ces dernières décennies en matière de communication, si l’on excepte le match pathétique qui opposa Woods à Mickelson en 2018 et son enjeu de 9 millions de dollars exhibés au public.

Reste que nous ne sommes pas aux USA mais en Europe. Un vieux continent où la gloire est la plus belle récompense qu’un athlète puisse attendre. Et tant pis si le trophée n’est pas en diamant.

Par ailleurs, bizarrement, celui du Swiss Ladies Open était encore en bois, cette année.

Une matière assez peu prisée, d’ordinaire, dans le monde de la banque…

 

FdeC.

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