Le test des fers WILSON STAFF MODEL CB  fait probablement partie des moments forts de cette saison 2021 pour AVISGOLF. Avec cette nouvelle gamme réservée aux joueurs aguerris (CB et BLADES) le fabricant américain a livré des cannes superbes, au look classique et épuré, mais il a surtout fait un pas de plus que ses concurrents dans la voie des clubs offrant des performances modernes tout en conservant un rapport entre les masses (grip – shaft – tête) totalement classique. Avec ces fers, nous sommes loin de la mouvance actuelle qui se reconnaît par une tolérance extrême et un feutrage des sensations qui l’est tout autant. 

Ceci étant, outre leur équilibrage parfait, les MODEL CB se distinguent de la concurrence par une sensation de solidité d’impact impressionnante – virile même – dans laquelle ne se cachent aucun flottement ni aucune vibration des parties composant la tête du club. C’est un ressenti rare, synonyme de puissance, que nous n’avons mis en évidence jusque-là que chez une autre marque, et dans une autre famille de clubs: les bois de CALLAWAY.

Afin de comprendre ce qui rapprochait ces deux fabricants américains, nous avons procédé à une comparaison des technologies et des mises en œuvre adoptées dans leurs clubs. 

Dans les deux cas, les matériaux mis en œuvre sont d’excellente qualité. Mais ceux employés par les bois de CALLAWAY ne sont pas les mêmes que ceux utilisés pour les fers de WILSON. L’un inclut du carbone, l’autre pas. Le second utilise du tungstène et pas le premier. Les mises en œuvre étant diverses, cette sensation de solidité de l’impact que nous avons ressentie n’est donc pas liée à la qualité des matériaux employés. Nos multiples consultations du tableau périodique n’y ont rien changé.

Le parti retenu par CALLAWAY pour ses bois est l’architecture tête-creuse alors que celle de WILSON pour ses fers est celle du full body de forme cavity-back (en acier au carbone 8620). La conception architecturale du club n’explique donc toujours pas la sensation commune aux deux marques que nous avons ressentie.

On ne peut pas plus imaginer que ce contact particulier soit le fruit d’un type de shaft bien précis puisque les bois de CALLAWAY ne sont proposés qu’avec des shafts multi-composites alors que le MODEL CB de Wilson prend toute sa dimension lorsqu’il est soutenu par un manche en acier.

Que reste-t-il en fait? Une répartition des masselottes internes pour assurer l’équilibrage et l’utilisation de tungstène pour y parvenir? Bien d’autres marques y ont recours et cela ne donne pas ce type de résultat.

Il ne reste donc qu’une possibilité pour expliquer les similitudes de contact entre des clubs si différents et cette dernière réside dans la rigidification de la structure du club recherchée par les deux constructeurs, à savoir le TRI-BRACE STABILIZER d’un côté (WILSON) et le système JAILBREAK de l’autre (CALLAWAY).

Dans les deux cas, la volonté de durcir le châssis du club se justifie par le principe que plus le cadre qui forme la tête de club est dur, plus la vitesse de sortie du club de la balle sera grande. La déformation de la tête du club que l’on ressent davantage sur d’autres clubs n’étant qu’un facteur de perte de distance et de manque de précision dans le résultat.

Attention cependant : la déformation du châssis du club n’a rien à voir avec l’effet trampoline. Bien au contraire. Plus le cadre qui soutient un trampoline est dur et résistant, plus l’effet ressort sera marqué. Si le cadre est souple, l’effet de rebond sera bien moins explosif et beaucoup moins marqué.

Ce qui est intéressant, lorsqu’on compare les technologies TRI-BRACE et JAILBREAK, c’est de voir que l’une opère sa rigidification dans un axe vertical (le JAILBREAK a pour but de souder la couronne et la partie haute de la face du club, à la semelle du club grâce à des tiges de titane) tandis que l’autre recherche une combinaison différente, mieux adaptée à la frappe des fers. Le TRI-BRACE, comme son nom l’indique, utilise ses trois “bras” afin de renforcer la rigidité du club selon trois axes, puisque nous observons qu’une jonction s’effectue entre le talon et la pointe du club d’un côté – ce qui entraîne un durcissement horizontal de la tête -, et qu’un autre bras vient de raccorder à cet axe horizontal pour effectuer une liaison avec l’arrière de la top-line. Soit, cette fois, un renforcement vertical. 

Nous avons donc bien un raccordement entre la pointe et le talon, un autre entre le talon et la top-line et un troisième entre la top-line et la pointe. Le soutien entre la top-line et la semelle se fait par extension chez Wilson tandis qu’il est direct chez CALLAWAY, bien que moins complet.

Notons au passage qu’une forme en croix possédant quatre axes garantirait une rigidité idéale mais s’appliquerait au détriment d’une répartition harmonieuse des masses présentes sur la tête du club.

Bien que nommée MODEL CB, cette série hors-normes – qui est l’aboutissement d’une étude de 4 ans – prend la relève des fers FG TOUR V6 que nous n’avions pas aimés, lors de leur test, du fait justement d’une sensation de vibrations qui n’était pas rassurante ainsi que pour leur équilibre général que nous jugions trop sportif.

Avec cette nouvelle gamme, WILSON nous rappelle qu’il possède le meilleur département R&D du monde du golf. Sa démonstration est éblouissante. Et si certains ont pu douter parfois du bien fondé de certaines des évolutions proposées par la marque (Fat-Shafts, Power-Holes, ou Graphène introduit dans la composition des balles), ils manqueront de mots pour vanter les mérites du TRI-BRACE.

Une évolution technique que nous saluons avec respect tant elle colle à ce que nous attendons d’un club de golf efficace.

FdeC

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